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Le boulot

Lundi 21 juillet 2008

Voilà une semaine que j'ai arrêté de travailler.
J'ai été usée, totalement abusée, totalement désillusionnée.
De rang de serviette, je suis passée au rang de torchon le jour où j'ai annoncé que j'étais enceinte.
Sans la gentillesse de mes collègues, je pense que je me serai effondrée bien avant.
Dark Vadorette a eu raison de mes nerfs, a eu raison de ma patience.
A croire que ma grossesse lui a donné l'impression que j'étais devenue une handicapée cérébrale. J'attendais juste de la compréhension. Attendre de la reconnaissance, c'est déjà peine perdue depuis 5 ans.
Pendant un moment, surnommée "la lâcheuse", j'aurais terminé mon parcours par un "elle est calmée l'aut' folle?". Oui, l'aut folle... Totalement ahurie qu'elle puisse se vanter devant mes collègues de m'avoir téléphonée à 22h à mon domicile la veille (!!!) et que j'ai pu oser lui dire qu'à cette heure-ci, j'étais proche du sommeil. Ca l'a amusée, ça l'a fait rire. Moi de répondre que j'étais fatiguée, elle n'a rien trouvé de mieux à dire "Ah bah tu l'as voulu, hein?!"

Quand elle m'a interrogée sur un possible congé parental à l'issue de ma maternité, elle n'a rien trouvé de mieux à me dire "Bah, tu sais quand même si tu as l'intention de l'élever, non?"
Je suis restée sciée. A croire que les femmes qui n'ont pas les moyens financiers de prendre un congé parental seraient des mères indignes, des mères qui ne s'occupent pas de leur enfant?

Le plus formidable aura été d'embaucher deux personnes pour remplacer ma collègue-amie ainsi que moi. La première, payée bien plus grassement du fait de son âge avancé par rapport à moi (3 ans de plus que moi qui correspondent à 3 ans de congé parental... sans connaissance en bureautique alors que c'est le coeur de notre métier. Elle a un ravissant sourire qui a l'air de tout excuser). Le second âgé de 6 ans de moins que moi mais tout aussi bien payé, si ce n'est... un peu mieux...
Hypothèse 1 : aurais je un salaire de débutant?
Hypothèse 2 : se fout on clairement de ma gueule? (je vous épargne la vulgarité)

Entre la fatigue, le stress, les pleures, les nerfs qui lâchent, cette impression d'être traitée comme un paillasson, la tension qui l'envole, les examens médicaux et les maux de ventre, il a été décidé qu'il était temps que je me recentre sur bébé et moi.
Nerveusement fatiguée, physiquement épuisée.

Quand j'avais voulu prévenir le travail au bout de 2 mois de grossesse à peine (bonne poire que j'étais, c'était pour que mon entreprise prépare bien ma succession), mon médecin-adoré m'avait prévenue : "Attendez un peu, quand une femme annonce qu'elle est enceinte, les rapports changent". Je ne l'ai pas cru. J'ai pu lui dire qu'il avait finalement raison et que j'aurais du l'écouter...




Par Journal d'une maman
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Mardi 1 juillet 2008

... je n'ai même pas trouvé la force de raler...

Souvenez vous du dernier épisode entre Dark Vadorette (ma responsable hiérarchique) et moi (l'abominable-lacheuse-des-neiges)
Un CDD a enfin été trouvé pour me remplacer.
Comble du bonheur (?), une personne à former en bureautique.

Mais dixit Dark Vadorette "c'est pas bien grave qu'elle n'ait pas toutes les compétences recquises, je sais bien que je pourrai compter sur toi même pendant ta maternité. D'ailleurs, si tu as envie de continuer à travailler, tu sais que le congé maternité n'est pas obligatoire *SMILE*"
(houhou, qu'est c'qu'on rigole)

Ce qui est moins rigolo c'est que, me connaissant, je vais trouver le moyen d'aider à distance : le clavier sur le bidon.
Bilan de la reconnaissance : nulle
Gentillesse accordée : néante

Que je suis courge... Je ne suis pas la seule à le savoir, visiblement...







Par Journal d'une maman
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Vendredi 16 mai 2008

Ou la difficulté de faire comprendre à son supérieur hiérarchique qu'être enceinte,
ce n'est pas une grave maladie




Après avoir passé presque plus de temps dans les toilettes à prier pour que personne ne se rende compte que je me droguais au spasfon et au doliprane qu'en salle de réunion, je crois que mes collègues ont su avant moi que j'étais enceinte. Jamais je n'aurais cru être enceinte aussi tôt, ce n'était pas calculé. Du jour où nous avons laissé Dame Nature s'occuper de moi, j'avoue que nous savions qu'une petite pousse pouvait prendre 1 an avant de germer. 3 mois, c'était juste impensable.

Quand je l'ai su, j'en ai parlé à 2 collègues-amies afin d'avoir des alliées à qui parler et avec qui partager ces premiers moments d'un bonheur délicieux.
En petit soldat que je suis, j'ai attendu la première échographie avant de l'annoncer à ma supérieure hiérarchique. Rien ne m'obligeait à lui annoncer si tôt mais j'imaginais que la situation serait plus claire pour tous. Mon poste nécessite le recours à un CDD et une formation adaptée afin que je puisse céder mes dossiers pendant mon absence. Prévenir dans un délais largement raisonnable permet donc d'appréhender une nouvelle organisation dus à des perturbations.
Nul n'est irremplaçable.... quoique....

Je ne me souviens pas que ma supérieure ait été heureuse pour moi un seul instant. Ses premières réflexions furent de me dire que je l'avais trahi en ne lui annonçant pas quand j'arrêterai mon mode de contraception. Et que, ô comble de la trahision, j'avais comploté dans son dos pour lui faire une "infidélité". J'avais prémédité cet ignoble crime.
La rupture était annoncée, j'allais quitter mon entreprise, la délaisser, l'abandonner... pour une raison totalement inapropriée : la venue d'un bébé.
Le gros mot était lancé

Après 1 mois de silence sur le sujet, le bébé (ou celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom) n'a plus été évoqué jusqu'à ce que j'annonce que je n'avais pas l'intention d'accoucher sur ma table de bureau et que j'allais prendre un congé maternité.
Blasphème!
Encore une fois, j'ai senti que j'aurais du prévenir 1 an avant la conception que je prendrai un congé maternité. A croire que 6 mois n'étaient pas suffisants pour prévoir un remplaçant.
Les dossiers me sont peu à peu retirés, je suis mise de côté, soumise au rang de seconde zone. Me voici vêtue d'un joli surnom : "la lacheuse"
Tout était dit

Par Journal d'une maman
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L'organisation au quotidien d'une vie de future maman et de futurs parents
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